A chaque album enregistré avec
FAITH NO MORE, MIKE a mis en avant la recherche de styles que ni le « grand-public » ni revendeurs ont su cataloguer ou étiqueter ni par conséquent acheter ou vendre.
FAITH NO MORE a marqué son époque par son talent sans limite ; cependant, chaque membre du groupe visait un chemin différent des autres.
MIKE a expliqué que :
« jouer dans un groupe était très difficile. Je voulais faire une chose mais les quatre autres membres du groupe souhaitaient faire autre chose. Tu finissais par dire oui et la fin la partie la plus dure c'était d'expliquer pourquoi nous tenions à le faire. »
« C'est un peu comme dans une relation avec une femme, tu dois anticiper quand est le bon moment, si tu le laisses passer, le problème devient plus grand. »
« Faire un autre disque aurait été horrible. Nous commencions à souffrir et ne voulions plus vivre cela. Avec MR BUNGLE, c'est différent. Il existe entre nous comme un inceste. C'est tellement bon de travailler avec des amis et très agréable, parfois même trop confortable, quand tu connais bien quelque'un tu te détends et te laisser aller à voir ce qui va se passer. C'est la raison pour laquelle j'ai essayé de travailler avec une grand multitude de musiciens.»
Après la rupture regrettable de
FAITH NO MORE, MIKE PATTON n'est pas resté une relique de ce groupe mythique des années 90', il avait bien au contraire tout le temps nécessaire pour mettre en pratique tous ses projets qui occupaient son esprit. Le projet a été
DIABOLIK dont le nom s'est changé en
PHANTOMAS puis, sur les conseils de
BORDIN, s'est métamorphosé en
FANTOMAS ; une voyante lui avait en effet indiqué que
PHANTOMAS était de mauvaise augure.
MIKE a fait les démos de
FANTOMAS durant la tournée «
TOUR OF THE YEAR » avec
FAITH NO MORE, sur lesquels il jouait de tous les instruments, utilisant beaucoup de sons connus comme les actualités et les sons de heavy metal ainsi que d'autres que les gens n'étaient pas accoutumés à écouter et tout ceci de manière étonnante, il ne pensait pas que des ch½urs, vers et tons de rock soient hors de propos, mais il voulait les faire couler, fluides « comme un comic » ; il le décrivait en effet ainsi :
« je voulais rendre cela très visuel, une musique qui sonnerait comme lorsque tu tournes les pages d'un comic très rapidement, comme des vignettes, basiquement je voulais faire du rock et dieu sait combien je hais le rock, j'ai été baigné dans le milieu du heavy metal et il y a beaucoup de cela en moi. En résumé... je voulais faire un disque qui se vendrait dans un magasin de disques !.... »
Le nom du groupe aussi devait être très visuel et mystérieux, un peu violent, qui devait fonder une atmosphère adéquate à la musique que souhaitait faire MIKE ;
C'est la raison pour laquelle ils ont choisi FANTOMAS.
Un peu d'histoire...
De mai 1913 à avril 1914, Louis Feuillade a adapté à l'écran sous forme de feuilleton les aventures de Fantômas, écrites par Pierre Souvestre et Marcel Allain. Le genre du serial en était alors à ses débuts, tant en Europe qu'aux États-Unis, et Louis Feuillade y a contribué énormément, jouant un grand rôle chez Gaumont. Les livres avaient déjà eu un énorme succès dès 1911 : ils donnèrent le frisson à une époque, qui, jusque-là, avait beaucoup ri et à laquelle la guerre allait apprendre à pleurer. La réaction du public fut sans équivoque : les tirages vertigineux de Fantômas et ses traductions ont failli défier la Bible : Fantômas contre Dieu !"
Les cinq films de la série eurent eux aussi un succès massif, grâce notamment à la place de cet étrange héros dans l'inconscient collectif. Fantômas, c'est un conte de fées moderne et tragique dont le vil enchanteur a toujours le dernier mot sur le preux chevalier.
FANTOMAS était un anti héros français, il est tout le monde et personne à la fois, il est partout et nulle part, mène une guerre implacable à l'encontre de la société bourgeoisecomettant des crimes horribles ; par exemple, prendre du parfum à la mode et en remplacer le contenu par de l'acide dont tous meurent décharnés à la première rosée de fragrance. C'était un terroriste, génie du déguisement.
Partie intégrante de la bourgeoisie française, il connaît les tenants du puritanisme occidental, néanmoins, il est le leader d'un réseau criminel qui, certes combat les excès de notre civilisation, mais n'hésite pas à commettre l'homicide pour cela.
Dichotomie justice/destruction pure et simple. Rajoutons à cela le port d'un masque comme marque de fabrique et l'on en arrive à un personnage hautement symbolique.
Sa conduite contradictoire ne pouvant que tisser un brouillard de superstition autour du personnage.
MIKE a choisi la pochette du disque par rapport à une vieille affiche promotionnelle d'un film mexicain des années 60' intitulé
FANTOMAS MENACE LE MONDE et ceci, selon certains, été très onéreux en raison de l'encre spéciale dont MIKE avait demandé la conception.
Afin que tout ceci fonctionne, l'étape suivante a consisté en la recherche des musiciens appropriés pour cette musique brillante, qui devaient être expérimentés en la matière ; MIKE avait donc dressé une liste de ses musiciens favoris mais il n'a pas eu à chercher plus que parmi les premiers sur sa liste :
Dave LOMBARDO,
ex-batteur de SLAYER,
Buzz OSBOURNE,
guitariste des MELVINS
Trevor DUNN,
bassiste de MR BUNGLE
Ils ont tous été fascinés par le projet. MIKE leur avait envoyé une démo de
FANTOMAS et, à dire vrai, MIKE était persuadé qu'ils l'ignoreraient ou la jetteraient à la poubelle et il était très nerveux.
Seulement, il ne s'est pas passé deux jours avant que le téléphone sonne à la résidence PATTON à SAN FRANCISCO, tous les musiciens étaient enchantés par le projet et avaient enregistré leur partie et allaient lui renvoyer !
Comme le héros au nom duquel le groupe se réfère, la musique est subtile, précise, brutale et explosive ; les compositions sont inspirées tant par le métal que par les bandes originales de dessins animés et de bandes sonores de films.
MIKE PATTON, pour mener à bien l'album, a utilisé son expérience acquise lors de la conception de son album ADULT THEMES FOR VOICE et celle de la production de ses deux albums solos dont la musique était très expérimentale, un peu comme inachevée alors que l'album de FANTOMAS est un produit fini et bien travaillé et l'on reconnaît bien là la griffe de MIKE PATTON tant à la production qu'à l'écriture, même si les autres membres du groupe ont enregistré leur partie.
Le projet de base deFANTOMAS était de composer un album qui serait l'adaptation musicale d'une bande dessinée du personnage FANTOMAS, chaque morceau représentant une page.
Contrairement au « Spillane » - Mickey Spillane, auteur notamment de SPAWN) dont John Zorn a dressé un portrait musical et de son ½uvre - les éléments narratifs sont rares, il y a bien quelques cris et quelques coups de feu, entre autres également une sirène de véhicule d'urgence et des bruits de pas) et plutôt épars si l'on fait exception de la Page 4 [11 frames] (qui sert en quelque sorte d'élément déclencheur, rappelant à l'auditeur que c'est bel et bien une aventure du personnage de Fantômas qu'il est en train d'écouter - bien que laissant à l'auditeur l'imagination du récit qui lui est proposé et qu'il doit entièrement imager en s'aidant desdits éléments narratifs qui peuvent lui service de piste pour tisser sa trame de l'aventure.
Il n'y a aucun texte pour accompagner ce ½uvre musicale, pas plus que de narration ou de chant, MIKE PATTON n'étant intervenu qu'en tant qu'instrumentiste.
FANTOMAS c'est en effet quatre instruments qui travaillent ensemble et semblent se répondre comme par exemple à la Page 23 [17 frames] dans laquelle les instruments paraissent se mêler en un duel rythmique.
Chaque musicien est maître en sa matière et rayonne de perfection et de précision, sans pour autant hésiter à faire des essais en approfondissant la recherche de nouveaux sons qui font toute l'originalité de ce brillant album qui pourrait sembler être de l'improvisation au premier abord alors que c'est tout le contraire, chaque séquence est minutieusement calculée et d'une précision hors norme, ce qui soi dit en passant n'était techniquement possible qu'avec la participation de brillants et vertueux musiciens.
Pour résumer, le manque de paroles est comblé par l'organe (et quel organe !) du brillantissime MIKE PATTON qui, par force feulements, chuchotements, soupirs et autres borborygmes donne vie aux morceaux.
Sa voix est accompagnée par une rythmique aux consonnances death-métal et flanquée ici et là de détailes électroniques et autre bande-son tirée de la série mythique.
"Amenaza Al Mundo", est un album expérimental et dont consquemment la première écoute est difficile mais pour l'auditeur mélomane et ouvert d'esprit, après plusieurs écoutes intéressées et acharnées, il deviendra un motif d'orgasme auditif !
Pour terminer, comment clore ce sujet sans rendre hommage à Tim Iles qui a eu le courage immense d'en faire la retranscription, mais voyez plutôt :
Page 1
boom-der-hat-hurr boom-der-hat-hurr boom-der-hat-hurr boom-der-hat-hurr
boom-der-hat-hurr boom-der-
boom-der-hat-hurr boom-der-hat-hurr boom-der-hat-hurr boom-der-hat-hurr
Page 2
ooshawhooshahhoowooowooo
cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-
cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-
cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-
cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha-cha
do-eh-oo
do-eh-oo
Page 3
shekor shekorkar shekar
shekor shaerkekar shekarskee
boom-shikapu huh-hoo-shikapu shika oo'aa'aa shikapu oo'a shizashikapu oo'a oo'a oo'a
yah-yah-yah-yah yah-yah-yah-yah yah-yah-yah-yah yah-yah-yah-yah yah-yah-yah-yah yah-yah-yah-yah
*whistles* *whistles*
yah yah yah yah yah yahyuhyuh yahyuhyuh
yur-ar-ah yur-ar-ah yah yeah yearghhh!
Page 4
*evil laughing & woman screaming in fear*
hoo-oo-oooo hoo-oo-oo-oo-ooooo hoo-oo hoo-oo-oo-wo-hoo-ooo hoo-oo hoo-oo-oo-oo
hoo-woo-oo-hooo ho-wo-hoo hooooooo ho-wo-ooo wo-ooo-ho-ooo hoo-wooo
wo-wo-wo wa-wa-wa wo-wo wo-waa-wo-wa-woo
hoo-badu-badabada-hoo boo bada-hoo-badabadaba-hoo
wo-wo-wo wa-wa-wa wo-wo wo-waa-wo-wa
hoo-badu-badabada-hoo boo bada-hoo-badabadaba-hoo
*shooting, man laughing, woman pleading, woman laughing hysterically, many wailing voices*
Page 5
dum takatakataka dum takatakataka dum takatakataka dum takatakataka dum takatakataka dum
takatakataka dum takatakataka dum takatakataka dum takatakataka dum takatakataka dum
takatakataka dum takatakataka dum takatakataka dum takatakataka dum takatakataka dum takatakataka
dudu-yah-dududududu-yah-oo-yah dudu-yah-oo-yah dudududu yah-oo-yah-oo-yah-oo-yaah
yahyahyahyah yahyahyahyah whoo!
Page 6
aa-oo aa aagh ee-ar-oo yahyahooyeah ee-agh-oo ye-agh-yah-yah aagh-oo yah-yah-yah-yah
tcha'tcha'tcha'tcha tcha'tcha'tcha'tcha tcha'tcha'tcha'tcha tcha'tcha'tcha'tcha
tcha'tcha'tcha'tcha tcha'tcha'tcha'tcha tcha'tcha'tcha'tcha *audible deep breath*
tcha'tcha'tcha'tcha tcha'tcha'tcha'tcha tcha'tcha'tcha'tcha tcha'tcha'tcha'tcha
tcha'tcha'tcha'tcha tcha'tcha'tcha'tcha tcha'tcha'tcha'tcha *audible deep breath*
tcha'tcha'tcha'tcha tcha'tcha'tcha'tcha tcha'tcha'tcha'tcha tcha'tcha'tcha'tcha
tcha'tcha'tcha'tcha tcha'tcha'tcha'tcha tcha'tcha'tcha'tcha tcha'tcha'tcha'tcha sha-argh!
Page 7
hnananana nananana nananana nananana nananananananana nananananananana
ya-ya-ya-ya-ya-ya-ya-ya-yow!
hnananana nananana nananana nananana nananananananana nananananananana
whooooooooooooooooo who-ooo-oo-oo whoo-oooooo-ooo-oo whooo-oo-ooo ho
Page 8
boom! ya-ya-ya-ya-ya-ya hhhaa
boom! ya-ya-ya-ya-ya-ya hhhaa
hurhur
hurhur
hurrr-hur-hoo-hoo-hur-hooo-hur hur-hoo-hoo-hur-hooo-hur hur-hoo-hoo-hur-hooo-hur
hur-hoo-hoo-hur-hooo-hur hur-hoo-hoo-hur-hooo-hur
Page 9
shiday! shikadadudadu! shiday! yadadudadudadu! shiday! whoaa!
shiday! shikadadu! shiday! shikadadu! shiday! whoaa!
shiday! toododododo! shiday! whoaa!
shiday! tikadoodadu! shiday! whoaaaooo!
Page 10
ya! yoowa-yay
hoor-hay-hoor-hay-hoor-hay-hoor-hay
whoo-oo-oo-oo whoo-oo-oo-oo whoo-oo-oo-oo oo-woo
*wailing/buzzing like a fly*
Page 11
woo! gawk! gagawk! draadi draadi draadi dadraadidraadi
hooo-oo-oo-oo-woo-oo-oo-oo-oo-oo-oo-oo-oo-oooo
huhh huhh
gawk! gawk! gagawk! draadi draadi draadi dadraadidraadi
hooo-oo-oo-oo-woo-oo-oo-oo-oo-oo-oo-oo-oo-oooo
gawk!
Page 12
*wretch* oi! *wretch* waah! yaa yaa oh waah! waa yaa yaa-oa yayayaya oo'agh! yabrrweeagh!
ya-diddydee dor! kadorshikorw!
tatatataaa halalalhoo tatatataat-taaaaa halalahoo-hoo tatatataaa hanalahoo tatatataaa halalalhoo
tatatataaa halalahoo-hoo tatatataaaaa hahalaloo-hoo
tatatataat-taaa
Page 13
Page 14
*squealing: ooooooo! ooooooo! oooooo!*
boo-*gibbering*
*gibbering*
yaa-*gibbering*
bdlbdbdbldldb-*scuffling*
booyahyooyeearghh-*gibbering* *breath*
Page 15
whoo-ooo whoo-hoo whoo-ooo
dordy-dordy yaddayee yai
dow hwor!
dow hwor!
hwayayayayayayayaya hor!
dyaargh yaargh dordordor
*whispering: death death death* *woman screams*
Page 16
woo-wuh! brrw-ya-brrw-ya-bdlabdla cho!
woo-wuh! *low groaning scratching*
woo-wuh! brrw-ya-brrw-ya-bdlabdla cho!
woo-wuh! bdlbdlbdl ah-oo-ah-oo-ah-ooo yayayayayaaaaaagh!
Page 17
*screams over siren*
doowy doowy doowy doowy
hmmha hmmmha hmmmha hmmmhaa huh!
huh-kh
Page 18
chu-wha-hooooo whaaa chu-ha-woo chu-ha-woo chu-ha-wo wo-oo chu-ha-wo chu-ha-wo oo-cha-wo chaddado-waa chadda-wo-wayo chu-ha-woo
*laughter in a food mixer*
zoodooneenawninnyninny zoodooneenawninnyninny zoodooneenawninnyninny *wah!*
zoodooneenawninnyninny zoodooneenawninnyninny *wah!* zoodooneenawninnyninny
zoodooneenawninnyninny *wah!* zoodooneenawninnyni
shikadickashakadakadikadakadaka woooooooooo
shikadickadakadakadaka wooooo whaaaaaaa hey!
zhoom zhoom zhar ooway ay! zhoom zhoom zhu hoom!
boom-squayl!
*electronic squealing noises* *yell*
shikadickashakadakadakadaka wooooooooooooooooo
-wa -wahoo hoi!
-wa -wa -wahoo -wahoo hoooi!
-wa -wa -wahoo hoooooooi!
*miaows*
Page 19
shikadikadikadikadikadikashikadikadikadikadikadika *puff*
shikadikadikadikadikadika *puff*
shikadikadikadikadikadikashikadikadikadikadikadika *puff*
shikadikadikadikadikadikashikadikadikadikadikadika *puff*
shikadika *puff*
shikadika *puff*
shikadikadikadikadikadikashikadikadikadikadikadika *puff*
shikadikadikadikadikadika *puff*
yhakhu! yhakhu! whooooo-wow!
huh oo-waa-oo!
chacha choo chacha choo cha choo chacha choo chachachacha!
chacha choo chacha choo cha choo chacha choo chachachacha!
Page 20
oo-waa! oo-waa! chacha cha oooooeeeeeeeeeoi
oo-waa! oo-waa!
*evil laughing*
Page 21
sshhh wa-pu-ah! ooh wayer!
mumumumumumayamaya mumumumumumayamayamaya mumumumumumayamayamaya psssshh
ho-hey-hur *haw-hee-haw* ho-hey-hur *haw-hee-haw*
mumumumumumayamaya mumumumumumayamayamaya mumumumumumayamayamaya psssshh
Page 22
*woman: "no! no! noo!" whimper*
*squelchy vocal noises*
*woman: "no! no!"*
*man: "no!"*
Page 23
yaah! buda buda buda buda hee
yaah! buda buda buda buda hee
haw hee har hee! buda buda buda buda hee!
haw hee har hee! buda buda buda buda hee!
yahyahyah hyoo'a yahyahyah hyoo'a har hee
ha-ma-na pee har pee wuna wuna pee har pee
buda buda buda buda hee waah!
buda buda buda buda hee waah!
buda buda buda buda pee par pee
buda buda buda buda pee
ha bee har bee
buda buda buda buda hee
Page 24
buduyra eta eta eta buduyra eta eta eta buduyra eta eta eta
oowa! oowa! oowa! oowa!
waaa-oo! waaa-oo! waaa-oo! waaa-oo!
oowa oowa oo! waaa-oo waaa-oo aa! che che
buduyra eta eta eta buduyra eta eta eta
*sudden inhalation*
Page 25
whoo! takata tor ha tor ha tor ha tar
takata tor he haw-he hor-he hor-he har
takata toh woh woh whoa!
hooooo
*whistle*
Page 26
hummmmmmm
hhummmmmmm
hummmmmmmmm
hhhaaaaaa-um
hhhaaaaaa-um
haaaaaa-uh
haaaaaa-uh
haaaaaaaaa
haaaaaa-aa-oo-ee-oh
hummmmmmmm
hhummmmmmm
hummmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
Page 27
hoy booy bwa buduum buduum bwa buduum bwa buduum *mimicking drum*
hwa-tcha'tcha'tcha-tcha'tcha'tcha'tcha
hwa-tcha'tcha'tcha-tcha'tcha'tcha'tcha
hwa-tcha'tcha'tcha-tcha'tcha'tcha'tcha-tcha'tcha'tcha'tcha-tcha'tcha'tcha'tcha-pow
buduum booy buduum booy buduum booy buduum booy
hwa-tcha'tcha'tcha-tcha'tcha'tcha'tcha
hwa-tcha'tcha'tcha-tcha'tcha'tcha'tcha
hwa-tcha'tcha'tcha-tcha'tcha'tcha'tcha-tcha'tcha'tcha'tcha-tcha'tcha'tcha'tcha-whoa!
Page 28
huh hurr-ho! whuuy yeargh! ho ho warhoway huh!
waah-oo waah-oo waah-oo huh-ruhay way way whurr-uh-yargh huh
waah-oo waah-oo waah-oo huh-ruhay way way whurr-uh-yargh huh
waah-oo waah-oo waah-oo huh
lalalala lalalala lalalala lalalala lalalala lalalala
lalalala lalalala lalalala lalalala lalalala lalalala
woo-wuh woo-wuh
lalalalalala lalalalalala
woo-wuh woo-wuh
lalalalalala lalalalalalaaaaaa
woh!
Page 29
huh-huh-huh-huh hoo-hoo-hoo-hoo
huh-huh-huh-huh hoo-hoo-hoo-hoo
huh-huh-huh-huh hoo-hoo-hoo-hoo
hhhhu bu!
shiyachachachachacha budlrumpum-pah!
shiyachachachachacha budlrumpum-pah!
shiyachachachachacha budlrumpum-pah!
chichichichi chichi chichi badapoo badapoo
shiyachachachachacha budlrumpum-pah!
shiyachachachachacha
hoo-waa-aaaaaaaaa budlrumpum-pah!
hoo-waa-aaaaaaaaa budlrumpum-pah!
shiyachachachachacha cha cha cha chachacha cha cha chachacha chacha-pah!
Page 30
yikayakabudumpoo yikayakabudumpoo yikayakabudumwaaay!
yikayakabudumpoo yikayakabudumpoo yikayakabudumwaaay!
huyhu-hoowooo hoowoo-ooo-wooooo
On dira ce qu'on voudra, il fallait oser... la version est disponible sur :
ceci
MIKE PATTON ET LA CREATION DE IPECAC
Le disque étant prêt, MIKE part à la recherche d'une compagnie qui accepterait de le diffuser sur le marché ; il aurait pu sortir chez
ROAD RUNNERS ,
REPRISE, RELAPS, et même si les contrats étaient tentants, il a pensé que ce serait le meilleur moment pour créer sa propre société ce qui a commencé à lui courir dans la tête, mais il avait encore trop de doutes et de craintes de l'inconnu. Il en a parlé à plusieurs de ses amis, dont
Buzz OSBOURNE, qui l'a rapidement calmé en lui disant :
« Hey MIKE, si tu montes ta boîte de disques, mon groupe THE MELVINS sortira trois disques durant ta première année de chef d'entreprise ! »
Cela l'a bien entendu rassuré et avec son ami, partenaire et manager
Greg WRECKMAN ils ont fondé IPECAC Records et MIKE a déclaré très fier :
« il est temps de faire les choses à ma manière ».
Le premier disque lancé sur le marché par
IPECAC fût bien entendu le
FANTOMAS,
le 27 avril 1999, sous le même titre bien que beaucoup de gens le reconnaissent comme LA MENACE AU MONDE ; la caractéristique de cet album était l'absence de paroles, à la place MIKE émettait un grand éventail de sons tant imaginables qu'inimaginables qu'un être humain puisse créer.
MIKE a dit :
« Il faut aider celui qui va l'écouter et mon épouse et moi avons conçu la pochette du disque. »
A l'intérieur du disque il y a des vignettes qui représentent fidèlement le langage utilisé par MIKE sur l'album ; la pochette du disque est un hommage aux grands maîtres du comic Buido Crepay, Magnus, Max Buquer, les s½urs Gusani.
Avec l'album enfin sur le marché ils ont commencé à contracter des dates pour faire une tournée, bien qu'ils étaient certains que ce ne serait qu'une petite pré-tournée d'échauffement ; pour dire vrai cela n'a pas été très difficile étant donné la renommée de MIKE aux STATES cette tournée a plutôt servi à rapprocher les membre du groupe et selon MIKE, ils se sont bien divertis :
Le premier concert était plutôt une expérience puisque nous n'avions répété que 14 heures en 4 jours... ; je voulais tout synchroniser, super structurer, et pendant les balances nous obtenions cela très bien et si quelque chose venait à manquer, nous n'avions qu'à répéter la chanson ;
FANTOMAS ce n'est pas de l'improvisation, plutôt un énorme exercice de mémorisation.
FANTOMAS a très tôt rempli son agenda pour l'été et l'automne 1998 pour les STATES, avec des concerts sold-out, inexplicable étant donné que leur musique était alors inconnue, bien que les concerts avaient lieu dans des petites villes, le public était à fond et hurlaient pour entendre «
EPIC » des disparus
FAITH NO MORE et les fans de
SLAYER venaient pour voir l'ex-batteur du groupe et criaient pour le voir jouer ANGEL OF DEATH ; le public arborait des tenues à l'effigie de
SLAYER et
FAITH NO MORE et il était évident qu'ils s'attendaient à entendre quelque chose de semblable et beaucoup sont restés incrédules par rapport aux premiers morceaux qu'ils étaient en train d'écouter !
MIKE a toujours plaisanté à ce sujet, allant jusqu'à dire en concert :
« la prochaine chanson est une reprise de ELTON JOHN... »
Une fois quelqu'un dans le public a crié :
« quand allez-vous jouer le single ? ».
Ce à quoi MIKE a répondu :
« Tu étais où ducon ? On vient juste de le jouer notre single. Mais t'inquiètes pas, si tu ne l'as pas entendu tu pourras le revoir sur MTV...!!! ».
Leur musique a crée un tel tollé dans le milieu musical et de la presse qu'il a été demandé à MIKE de la définir lui-même ou alors d'expliquer ce qu'était
FANTOMAS, sa seule et unique réponse est inoubliable :
« Nous sommes un cauchemar terrible dans le putain de cul des groupes de rock ».
MIKE connaissait déjà
Buzz OSBOURNE des
MELVINS et
Trevor DUNN de
MR BUNGLE son ami depuis l'adolescence, il ne connaissait toutefois pas
Dave LOMBARDO de
SLAYER et ne lui avait même jamais parlé mais la chimie entre eux a été immédiate y compris pour Dave qui, lors d'une interview pour l'édition européenne de KERRANG a déclaré :
« Je n'avais jamais vu autant de talent chez un chanteur, MIKE est incroyable, j'ai du mal à croire qu'il puisse faire autant avec sa voix, sans doute est-ce le chanteur le plus universel, le plus talentueux et consacré de tous les chanteurs ! »
Les ventes du premier album de
FANTOMAS ont dépassé leurs espérances puisqu'ils misaient sur 10.000 exemplaires et que ce sont pas moins de
40.000 disques qui ont été achetés et leur a permis de faire un bénéfice net de 300.000 US $ en plus des profits engendrés par la tournée.
Considérant que ce n'est pas un groupe «
commercial », les membres e FANTOMAS ont été agréablement surpris bien que cela leur importait peu, les ventes ont augmenté grâce à la distribution de
CAROLINA Records
Si tu veux ils ont mis le disque à la portée de tout le monde, et touché tout le monde, y compris avec la tournée et les dates contractées, résultat, avec
FANTOMAS, IPECAC a fait un très bon début.
Alors que FANTOMAS négociait son nouveau contrat, MIKE a profité de ce moment pour organiser pour la seconde année consécutive, un festival à la fin de l'année 2000 où ne participeraient que des groupes du label IPECAC ; il y eut divers shows dont un avec le projet underground MOONRACKER et un avec FANTOMAS ; ces derniers faisant une représentation au Troubadour, le même jour que celui où les LAKERS étaient champions de la Ligue, équipe idole de MIKE PATTON depuis son adolescence, d'ailleurs ce dernier arborait ce jour-là la chemisette de COBY BRIAN, faisant de multiples commentaires à l'attention de ses fans, du genre :
« Qu'est-ce que vous faites ici ? Vous devriez être en train de brûler des voitures et de détruire la ville ! »
Ou encore de faire de nombreuses références à Shaquille O'Neal.
FANTOMAS a saisi l'occasion de ce concert pour se faire la main sur de nouveaux morceaux, et sur ce qui deviendrait leur prochain album.
Il ne s'est passé que quelques jours avant que la fin de l'année n'arrive ; les MELVINS et FANTOMAS ont, pour la première fois, joué ensemble sur scène, de manière inoubliable, tant et si bien que le manager de MIKE, GREG, l'a enregistré et déclaré qu'il serait prochainement en vente sur le marché, ce à la demande exclusive des fans et même si MIKE hait les enregistrements live puisque c'est un perfectionniste et a toujours cherché le meilleur son et la meilleure qualité dans son travail. Cet album live est sorti en 2002 et fait encore parler de lui.
THE DIRECTOR'S CUT
L'inimitable, le fabuleux second album de FANTOMAS intitulé
DIRECTOR'S CUT est sorti sur le marché le
10 juillet 2001 qui s'est très bien vendu et a ainsi apporté beaucoup de succès à IPECAC.
DIRECTOR'S CUT est un disque dont chaque morceau est une reprise de bandes originales de films de terreur, le tout revu et modifié à la sauce FANTOMAS, en voici le détail :
The Godfather Waltz de Nino Rota, tiré du film The Godfather (1972)
Kampf Golem und Floriano endet mit dem Tod Florianos de Karl-Ernst Sasse, tiré du film Der Golem (1915)
Kampf Golem und Floriano endet mit dem Tod Florianos
Paroles partielles : Mike Patton
You must guard this secret with your life
The hour has come
Breathe life into clay
A slave
We will be saved
When he rises up ???
The creature walks
??? the enemy
Follow? / Golem? / Are they?
Your enemy.
The creature walks
Now who's your enemy?
I'm the Golem
The secret stolen
This is my body
???
I walk again
Life born anew
Let silence scorn you
???
???
I walk again
Experiment In Terror de Henry Mancini, tiré du film Expirement In Terror (1962)
One Step Beyond (Fear) de Harry Lubin, tiré de la série TV One Step Bayon (1959-1961)
The Night of the Hunter : Dream Little One Dream de Walter Schumann, tiré du film The Night of the Hunter (1955)
Night of the Hunter: Dream Little One Dream
Paroles complètes : inconnu
Dream little one, dream
Dream my little one, dream
Though the hunter in the night
Fills your childish heart with fright
Fear is only a dream
So dream little one, drame
Cape Fear Title Theme de Bernard Herrmann, tiré du film Cape Fear (1962)
Rosemary's Baby Theme Lullabye de Krzysztof Komeda, tiré du film Rosemary's Baby (1968)
Rosemary's Baby: Lullabye
Paroles : Mike Patton
What have they done to its eyes?
What have they done to its eyes?
What have they done to its eyes?
The Devil Rides Out de James Bernard, tiré du film The Devil Rides Out (1968)
Spider Baby de Ronald Stein, tiré du film Spider Baby or The Maddest Story Ever Told (1964)
Spider Baby
Paroles : Inconnu
Screams and moans and bats and bones
Teenage monsters in haunted homes
The ghosts on the stair
The vampires bite
Better beware, there's a full moon tonight
Cannibal spiders creep and crawl
Boys and ghouls having a ball
Frankenstein, Dracula and even the Mummy
Are sure to end up in someone's tummy*
Take a fresh rodent, some toadstools and weeds
And an old owl and the young one she breeds
Mix in seven legs of an eight-legged beast
Then you are all set for a cannibal feast.
Sit around the fire with the cup of brew
A fiend and a werewolf on each side of you
This cannibal orgy is strange to behold
And the maddest story ever told.
*Original :
are sure to end up in somebody's tummy
The Omen : Ave Satani de Jerry Goldsmith, tiré du film The Omen (1976)
The Omen: Ave Satani
Paroles partielles : Jerry Goldsmith
Sanguis minimus*
Corpus animus**
Sanguis minimus
Corpus animus
Sanguis minimus
Corpus animus
Rotted corpus satani ave
Sanguis minimus
Corpus animus
Rotted corpus satani ave
Ave ??? jesus cristus
Ave ??? jesus cristus
Sanguis minimus
Corpus animus
Rotted corpus satani
satani
satani
satani
satani
*Terme incorrect,
miniums est le terme latin pour
smallest
*Terme incorrect
animus est le terme latin pour
Spirit
Original:
Sanguis bibimus
Corpus edimus
Tolle corpus satani
Ave versus cristus
Ave santani
Original Translation from Latin:
Blood we drink
Flesh we eat
Raise the body of Satan
Hail the Antichrist
Hail Satan
Henry : Portrait of a Serial Killer (Henry Theme) de Robert Mc Naughton, tiré du film Henry : Portrait of a Serial Killer (1986)
Henry: Portrait of A Serial Killer (Henry Theme) Lyrics
Paroles complètes : Mike Patton
It's either you or them
You or them
It's either you or them
You or them
Them or you
You or them
Them or you
You or them
Vendetta Theme de John Barry, tiré de la série TV Vendetta -1966-1968)
Investigation of a Citizen Above Suspicion de Ennio Morricone tiré du film Indagine Su Un Cittadino Al Di Sopra Di Ogni Sos petto (1970)
Investigation of A Criminal Above Suspicion
Paroles complètes : Mike Patton
You hear the whisper calling
You hear the whisper calling
You hear the whisper calling
You hear the whisper calling
Every comb of hair
The times you see red
Every hair on your head
Every thread on your back
Every piece of skin
Every mouth you feed
Every word that you said
Every drop that you bled
You hear the whisper calling
Theme from. Twin Peaks : Fire Walk With Me de Angelo Badalamenti, tiré du film Twin Peaks : Fire Walks with Me (1992)
Twin Peaks: Fire Walk With Me Lyrics
Paroles complètes : Mike Patton
Memories fade to gray
My smile
Your name
Roof leaks
Dim lights
Low rent
High tide
Box springs
Spare change
Your scent
My ways
Your breath
My air
Fog lifts
I stare
You're gone, but I'm there
I'm gone, but you're there
You're gone, but I'm there
I'm gone, but you're there
Charade et Charade (Main Title) de Henry Mancini tirés du film Charade (1963)
Charade
Paroles complètes : Johnny Mercer
When we play our charade
We were like children posing
Playing at games
Acting out names
Guessing the parts we play
Oh what a hit we made
We came on next to closing
Best on the bill
Lovers until
Love left the masquage
L'original contient un refrain additionnel :
Sad little serenade
Song of my heart's composing
I hear it still
I always will
Best on the bill
Charade
A propos de Director's Cut, MIKE PATTON a déclaré :
Bon, ce disque est effectivement différent et avait pour but de récompenser tant les membre du groupe que les fans et leur faire prendre un peu de repos.
J'ai pris les thèmes de films d'horreur et les ai retravaillés à la manière FANTOMAS, pour moi c'est un disque étonnant mais pour beaucoup cela a été un album beaucoup moins compliqué que le premier, plus amusant et facile à faire et à écouter,
La touche FANTOMAS est très évidente sur ces reprises, particulièrement sur les morceaux sur lesquels j'ai mis des paroles comme Godfather, Experiment in Terror, Rosemary's baby, Vendetta, Charade.
Il est possible d'écouter sur internet, sur
ça et en cliquant sur Sneak Previews Director's Cut, les versions originales desdits films et passionnant de pouvoir les comparer une fois soumis aux modifications fantomatiques .
Il est à noter que sur ce disque MIKE a conçu, pour certains morceaux des paroles et là encore, comme pour ses groupes précédents, il est évident que le perfectionnisme et la rigueur de MIKE a encore frappé, ainsi que s'en explique
BUZZ OSBOURNE (guitariste de FANTOMAS)
Nous n'avons jamais réellement beaucoup de temps avec MIKE qui est entouré de toute une équipe de gardes qui le protège du monde extérieur, si tu dois lui demander quelque chose, ta demande doit passer préalablement par sept ou huit personnes avant d'arriver jusqu'à MIKE. En vérité il est très difficile de parler avec lui sauf sur scène, c'est peut-être le seul endroit où je peux lui parler. Parfois quand j'ose lui parler ou lui demander quelque chose, il se met à crier que c'est ainsi et que comme ça c'est parfait.
Pour beaucoup, nous n'avons pas une relation humaine, mais ce n'est pas possible avec quelqu'un comme MIKE, j'ai même demandé son avis à Trevor (DUNN) (bassiste de FANTOMAS et de MR BUNGLE) qui est un ami d'enfance de MIKE, qui m'a dit :
Buzz, ne te prends pas la tête, personne n'arrive à connaître MIKE, c'est une véritable énigme.
Mais je crois définitivement qu'il n'est pas mauvais, mais je pense qu'il aime être considéré, et il l'est. Par exemple, à l'occasion de l'enregistrement de Director's Cut, MIKE était trop sous l'emprise de l'alcool, nous étions tous en train de jouer une fois, encore une autre, puis encore une autre, et MIKE nous apportait du matériel vraiment trop surprenant nous disant ce que nous avions à faire et que c'était ainsi, vu que lorsque MIKE boit a un caractère démoniaque, nous faisions ce que nous avions à faire pour ne pas qu'il casse le matériel.
Je pense que c'est un maniaque complet. Il y a des fois où nous voyageons dans le van ; MIKE ferme les yeux et écoute ce qui passe sous son casque ; il écoute et en même temps il parle d'autre chose, tu comprends, il écoute de la musique et il parle d'autre chose ! Si tu arrives près celui et qu'il te fixe du regard, dans ses yeux, il a des vipères et des tombes à l'intérieur, c'est pas un type réel, je crois qu'il est comme Hitler, mais avec un vagin.
J'espère qu'il ne lit pas ceci car bien qu'il dise ne pas lire ce qui se dit ou s'écrit sur lui dans la presse, je pense que secrètement il lit tout ce qui le concerne. Mais le bon coté c'est qu'il verra que tout ça me va et que le lorsqu'il nous paiera on verra que c'est bien lui le chef.
Déjà quand nous avons fait le DIRECTOR'S CUT, il a seulement dit que nous allions faire quelque chose qui ne sera pas original, s'il est possible de voir cela de cette manière. Encore une chose que personne ne sait c'est que c'est en secret un alcoolique.
Director's Cut a obtenu beaucoup de critiques positives de la part de la presse spécialisée, le qualifiant de plus écoutable et mieux structuré, ayant un son mystérieux et qu'il ne fallait pas l'écouter qu'une fois.
Ce disque a permis au groupe pour la première fois d'être diffusé sur les ondes radiophoniques tout comme MR BUNGLE avec l'album CALIFORNIA.
Seulement cette fois c'était sur une station de radio underground australienne, la JJJ, qui passait en boucle Experiment in Terror et Rosemary's Baby.
JJJ a également consacré une émission spéciale d'une durée de trois heures à MIKE PATTON, ne manquant pas de dire qu'il est très populaire en Australie, et que pourvu qu'il se présente avec un groupe ou avec un projet ce sera toujours un succès ; même que les australiens appellent leur pays l'empire de MIKE.
Il est en effet à noter que les singles Experiment in Terror et Rosemary's Baby sont sortis exclusivement et uniquement en Australie (les chanceux....)
Le groupe australien INXS a même invité MIKE pour couvrir les chaussures de son cher disparu Michael Hutchence, leur chanteur, ainsi que deux autres : Jon Stevens (chanteur de Noiseworks) et Terrane Trend, mais le premier sur la liste était MIKE, qui a décliné l'offre, déclarant qu'il ne ferait pas ça pour cette merde, en outre s'il le faisait il sortirait chaque nuit de scène avec la corde au cou ce qui a provoqué la colère des membre de INXS qui souhaitaient que tout cela reste secret et ne soit pas divulgué, ce que MIKE n'a pas fait.
MIKE a conclu cette histoire en disant qu 'ils ont choisi la personne la moins indiqué, selon lui tout ce que voulaient les membres de INXS c'était quelqu'un avec de la renommée auprès d'eux.
FANTOMAS a fait une petite tournée en Europe, visitant des pays comme l'Allemagne, l'Angleterre et l'Espagne et ont participé à des festivals à l'occasion de la sortie de leur nouvel album, Chino Moreno le chanteur des Deftones a même sans perdre de temps été voir leur prestation scénique juste après la sienne et s'est trouvé agréablement surpris de ce qu'il venait de voir.
MIKE et CHINO avaient été boire un pot avant le show et ont commencé à parler d'une éventuelle participation de MIKE à certains projets de CHINO ; c'est le genre de bruit qui a rapidement faire croître la quantité de fans de son groupe de manière très significative dans le monde ; y compris sur la page officielle du bulletin-board de IPECAC où les courriers ont afflué et où il n'était plus possible de tous les lire chaque jour.
FANTOMAS a sans conteste influencé beaucoup de groupes.
Par exemple, le guitariste de LIMP BIZKIT à Monterey n'a pas enlevé sa chemisette à l'effigie de FANTOMAS durant trois jours ni pendant le concert, ni lorsqu'il ne se promenait, ni d'ailleurs pendant une interview lors de laquelle le journaliste, l'ayant remarqué, lui en a fait la remarque et lui a posé des questions, ce à quoi il a répondu :
C'est le meilleur et le plus original des groupes actuels, mais ça m'étonnerait fort que tu les connaisses.
D'autres artistes du milieu de la musique appréciaient ce que faisait MIKE et son groupe, tels que BJORK, SLIPKNOT, PRODIGY, MASSIVE ATTACK, etc.
Après leur tournée En Europe, FANTOMAS ont été invités par TOOL (les veinards...) pour les accompagner lors de leur tournée au nord est des States, l'accord a été rapide, MIKE et GREG le manager n'ont pas hésité une seconde à signer puisque c'était la première fois que le groupe était la première partie d'une autre (et pas des moindres !) mais MIKE n'en était pas à son premier challenge et aimait le défi.
Etant donné la notoriété de TOOL, cela n'étonnera personne le fait que FANTOMAS, s'est conséquemment retrouvé à jouer devant des publics de 15.000 personnes, dans des lieux importants tels que le MSG (Madison Square Garden, New York) les 1er et 2 octobre 2001 ; toutefois, en raison des attentats du 11 septembre cela n'avait pas été une mince affaire que d'organiser le transport du groupe par voie aérienne avec tous les aléas que l'on imagine, mais leur récompense fut que même l'actualité n'a pas empêché le concert de se dérouler dans une salle comble.
Cependant, dès que FANTOMAS a joué les premiers accords de GOD FATHER WALTZ, le public s'est montré hostile, huant le groupe comme des ignares ; toutefois, le public de TOOL est bien évidemment ouvert à une musique pour le moins étrange et à la fin du concert, les avis étaient partagés et beaucoup d'applaudissements respectueux ont résonné dans la salle.
A propos des évènements du 11 septembre, MIKE a déclaré :
Nous ressentons réellement beaucoup ici, à New York, vraiment, nous le ressentons fort et vous remercions d'être venus. Bonne nuit.
Après cette déclaration, le public a ovationné FANTOMAS.
La tournée a continué ainsi, dans certains lieux le public de TOOL, parfois très fermé (ce qui est surprenant de la part de fans d'un groupe tel que celui-là) n'était pas très chaud vis à vis de la musique de FANTOMAS mais MIKE n'avait pas l'air affecté par cela mais bien au contraire semblait en jouir, à croire qu'il donne le meilleur de lui-même en terrain hostile et se complaît dans cet affrontement.
Mais MIKE malgré sa provocation légendaire ne s'est pas toujours pour autant heurté à une réponse négative de la part du public, par exemple lorsque, déjà à New York (Pepsi Arena) le 4 octobre 2001 où il a sauté de la scène jusque dans le public et que les 20.000 personnes présentes ont accueilli favorablement le groupe, le public de FANTOMAS ralliait de nouveaux fans.
A la fin de la tournée, le bulletin-board officiel de TOOL surchauffait, de très nombreux commentaires en effet fusaient sur la musique considérée comme très étrange et parfois incompréhensible de FANTOMAS, les avis étaient très partagés :
Des négatifs tels que :
C'est le pire groupe que j'ai jamais vu de ma vie. La musique est horrible, j'ai jeté mon argent par les fenêtres.
Des neutres (est-ce possible ?) du genre :
Il faut reconnaître l'effort du groupe, dont la musique est bonne même si ce n'est pas la mienne. Je pense que leur musique est étrange mais qu'elle passe bien, etc.
Des commentaires positifs enfin, ainsi :
FANTOMAS est le groupe le plus original qu'il m'ait été donné de voir de toute ma vie. MIKE est un génie ébranlé mais qu'il a du talent ! Je n'aurais jamais pensé que FANTOMAS soient si bons.
Pour résumer, et au vu des commentaires et critiques des fans de TOOL, FANTOMAS n'a pas laissé indifférents ses auditeurs présents à leurs concerts et sont devenus plus le centre d'attraction que la basique première partie initialement prévue, marquant à jamais les esprits de ceux qui les ont vu sévir sur scène.
A la fin de la tournée toujours il a été demandé à MIKE ce qu'il ressentait en raison de l'hostilité souvent rencontrée par le public de TOOL, ce à quoi il a répondu :
Je trouve que le public s'est plutôt assez bien comporté avec nous, j'ai vécu pire en évitant de prendre des canettes en pleine tête face à des publics beaucoup plus hostiles et ce n'est pas quelques « Boo » qui m'impressionnent. En outre, nous tirons beaucoup de bénéfice de cette tournée puisque depuis nions avons vu les ventes de l'album s'accroître considérablement , à savoir de 60 %, ce fut donc une tournée amusante et excellente.
Aussi, lorsqu'on l'interroge sur sa relation avec TOOL, il répond :
Il faut bien avouer qu'au début nous avons pris cette invitation pour une plaisanterie mais lorsqu'ils nous ont présenté le contrat on a commencé à prendre tout cela au sérieux qui nous a surpris puisque nous ne sommes pas un groupe qui vend des millions de disques et ils ont néanmoins arrêté leur choix sur nous, on pensait ne jouer que 20 minutes mais les membres de TOOL sont incroyables et nous ont considérés comme faisant partie intégrante de la tournée et non comme des débutants qui s'y croient, je tire mon chapeau à TOOL.
Mais la reconnaissance de cette tournée n'a pas été qu'économique et au niveau des ventes d'albums, fANTOMAS a également beaucoup gagné en public conquis et ils ont refait un concert à New York le 29 octobre à l'occasion duquel les ventes des billets ont tellement bien fonctionné qu'ils ont du organiser une prestation supplémentaire le lendemain.
En tout état de cause, Mike l'hyperactif n'a pas profité de cette tournée pour perdre du temps puisqu'il pensait déjà à son nouveau projet, un groupe dénommé....
TOMAHAWK.
DELIRIUM CORDIA
Quoiqu'il en soit, le 27 janvier 2004, IPECAC diffusait le nouvel album de FANTOMAS :
DELIRIUM CORDIA, le groupe organisant bien entendu une tournée afin de promouvoir cet album.
DELIRIUM CORDIA est un album très controversé pour lequel les critiques vont bon train, chacun y met du sien et rares sont ceux qui sont d'accord ; en tout état de cause une chose est sûre : DELIRIUM CORDIA ne laisse pas indifférent, il surprend même l'oreille la plus avertie habituée aux délires de Sieur Patton, il est unique en son genre.
L'écoute se fait par séquences de 6 à 8 minutes, et l'on passe de l'une à l'autre en changeant de thème.
C'est avec un démarrage tout en douceur que débute cet album où les bruitages mènent la danse et cependant, une note de basse, une autre de guitare, un roulement de batterie et l'on reconnaît, même sans la voix de MIKE, la griffe incontestable de FANTOMAS, le son même du groupe. Entrecoupé de breaks puissants et brefs, cette première séquence est complétée par les chants ressemblant à des ch½urs d'église, le contraste est agréable, puis,
Un bruit de souffle vient faire une transition après la 2ème minute et les bruitages utilisés par Patton avec des notes qui font penser à de l'orgue et des cris de femmes nous plongent dans l'ambiance films d'horreur à laquelle nous étions accoutumés depuis l'inimitable et inégalé Director's cut Le rythme se calme et revient à des bruitages de fond, on imagine presque une ruelle dégoulinante de pluie, un calme avant une tempête, puis Patton chante lentement, doublant sa voix d'une autre plus féminine avec en fond une musique lourde et apocalyptique.
A la sixième minute viennent des percussions et des maracas ses, Patton poussant son cri pendant une descente de batterie puis des Hu hu hu virils du genre des mahoris, une ambiance très tribale pour ce passage.
Des voix d'un homme et une femme se font entendre, ils dialoguent, des bruits de métro, d'extase, de cloches d'église qui prennent de l'ampleur en même temps que les voix, des bruits de klaxons, une ambiance urbaine domine ce passage.
Puis Patton entonne une mélodie très courte avec sa voix « féminine » et la guitare, les percussions et les bruitages qui suivent rappellent le FANTOMAS que l'on connaît bien, toujours régi par un fond de film d'épouvante, le rythme est très changeant, passant du rapide au lent, la basse venant ponctuer la suite avec un pincé de corde long et macabre, le ressac se fait entendre derrière. Il semble ensuite que l'on décèle un bruit ressemblant à une plaque de verre qui se fissure ou que quelqu'un cherche fissurer, des bruits de vaisselle, un craquement de vynil, une porte qui grince, une cuisine de restaurant ? La basse continue pendant qu'une pluie semble tomber sur un toit de tôle ou atterrir dans des écuelles en métal posées sur le sol pour éviter les fuites. Ce passage fait énormément travailler l'imagination comme si Patton souhaitait que l'auditeur ait sa propre participation à cette ½uvre, chacun créant l'image qui va sur la musique.
Puis des bruits électroniques, des bruits d'eau, un battement rythmé viennent prendre la suite, des ch½urs lugubres, une guitare qui prend le relais en jetant par ci par là des pincés de corde longs, les ch½urs n'en finissent pas, Patton vient les doubler de sa voix en un Haaaaaaaaaaaa interminable, puis une autre voix de Patton vient se greffer, très aigüe.
Puis le néant avant qu'un autre thème prenne la suite, un bruit de clavier faisant tapisserie derrière un rythme très lent et très lourd, Patton chante aïgu des Wou aH lancinants, presque envoûtants, qui suivent la modulation de puissance des instruments et du rythme, c'est une perfection que de pouvoir accorder tous ces effets en même temps, même en studio, ne serait-ce que de pouvoir penser faire un morceau pareil. L'on a toujours l'appréhension de redescendre d'un grand coup de notre nuage au prochain changement de rythme alors que l'on est si bien, là, bercé comme des bébés. Des bruits de clochettes et de cymbales viennent achever cette berceuse, l'on n'ose se réveiller de peur de rompre le charme alors que nous arrivons à plus d'une vingtaine de minutes d'écoute et que déjà notre cerveau a enregistré un nombre incalculable de rythmes, d'atmosphères, de sons.
La basse vient alourdir l'ambiance, un cri de femme, un cri d'homme, un coup de cymbale, encore un cri et un roulement de batterie, le tout ponctuant ce morceau lourd et puissamment atmosphérique, une guitare énervée et des cris toujours des cris, comme si les instruments cherchaient à dissimuler les cris des torturés dans la salle juste à côté mais que l'on pouvait néanmoins entendre leur souffrance.
Puis tout s'arrête pour reprendre sur un tintement de grosse cloche, de cigales, ambiance champêtre juste avant un ressac, on passe de la cave glauque au village, puis au bord de mer et enfin des ch½urs graves avec Patton en première ligne, très lents là encore, une harpe visiblement ou quelque chose qui y ressemble, une voix de fantôme féminin, une mandoline ? Un orgue, des bruits de souffle et de respiration comme un Patton qui rentre en transe comme on aime l'entendre puis un piano seul laissant supposer de l'eau qui coule, un pincement de cordes puis un souffle un peu comme ces bâtons en deux parties que l'on tourne pour faire le bruit du vent dans certains pays, on est transportés d'un seul coup, comme emportés par le vent et l'on souhaiterait que jamais cela ne prenne fin. Puis ça s'arrête pour reprendre avec le piano, le souffle d'un ampli que l'on branche et la basse lente et inquiétante, le film d'horreur continue, on cherche dans les coins de peur qu'une créature surgisse de nulle part, Patton siffle et la séquence s'arrête ici.
Puis voilà la 27ème minute, un vrai bonheur pour les fans de Patton, bruits de bouche rapide qui servent de rythme de percussion accompagnés de cymbales, l'ambiance change d'un coup, comme un coup de modernisme qui nous sort de la torpeur d'une ambiance de polar des années 50, on change d'époque. Tout en percussions ou presque, quelle ambiance ! On se laisse aller à remuer des hanches ou de la tête au fur et à mesure du rythme, en fermant les yeux pour mieux s'imprégner de ce passage très pattonnien.
Le piano nous rappelle à l'ordre, coupant court à tout cela, accompagné d'un battement de c½ur stressant qui rappelle à notre bon souvenir la pochette de cet album, un bruit de matériel de surveillance de rythme cardiaque bipe régulièrement, le piano, deux notes par deux notes vient alourdir l'angoisse qui pèse sur ce passage, un tic tac, un bruit de sonnerie, des percussions délirantes comme un batteur de jazz qui pèterait un plomb vient continuer ce morceau puis les bruits de voix synthétique, celle de Patton bien entendu, qui fait penser à des ch½urs tibétains avec un doublage de ch½urs rapides qui profèrent des sons rapides. Puis un délire fantomesque typique vient achever ce passage.
La basse vient alors accompagner un Patton sensuel comme on l'apprécie, l'ange à qui on ouvrirait sa porte avant de comprendre que c'est le diable que l'on vient naïvement de laisser entrer... c'est si bon de se faire berner ! Effectivement, l'ambiance d'horreur prend le relais avec des cris d'homme torturé avant d'être annihiler par des bruits énormes comme des frappements sur une matière lourde ou un orage qui gronde.
Le calme, le néant, puis une basse et une ambiance presque tahïtienne pour ce début de nouvelle séquence, on se demande à quelle sauce l'on va être mangé, on guette le banc de piranhas... des bruits métalliques intrigants se mêlent à cette ambiance estivale, un rire sadique, presque de fou, puis d'autres, le volume baisse et ne reste plus que les bruits de frappements, un souffle et encore les bruits, lent, très lent le rythme, décidément on angoisse sur cet album, c'est comme un scénario dont on n'a pas la fin et que l'on appréhende. Patton se met à monologuer en murmurant, comme un fou qui parlerait très vite à lui-même, des bruits de respiration, et d'autres encore plus bizarres les uns que les autres, un amalgame de sons que l'on a du mal à dissocier les uns des autres, le nombre d'informations à la seconde va tellement vite que le cerveau capte mais ne retient pas, pas le temps, tout s'enchaîne alors pourtant que le rythme de base est lent puis, plus rien, le souffle du vent vient balayer tout ça, le vent, puissant et dangereux, celui contre lequel on ne peut rien, rien.
La tempête fait rage à cette quarantième minute d'écoute et l'on s'imagine sous une tente de secours, perdu en pleine montagne en attendant que tout cela cesse enfin pour oser sortir la tête après le blizzard, on est seul au monde, d'ailleurs cet album doit s'écouter seul et au casque pour prendre tout son ampleur, c'est un album d'auditeur égoïste, ça ne se partage qu'après ces sensations-là, pas le temps pendant... puis un bruit de séquence très rapide et qui s'accélère, devient de plus en plus aigu et prenant, arrachant les tympans de celui qui a osé mettre le son à fond, presque des pales d'hélicoptère comme si les secours arrivaient puis à nouveau, plus rien.
Enfin l'horreur reprend, toujours cette ambiance pesante et étouffante que seul Fantômas sait créer, le piano qui fait la pluie, les bruitages angoissants, la basse qui fait la loi, lente et toisant ; arrive la voix de Patton, langoureuse et ensorceleuse, comme un ch½ur qui cherche à vous transpercer, des cris, des voix, une radio, des craquements, des recherches d'ondes, un bruit que l'on a du mal à définir comme une personne sous assistance respiratoire, des bruits de washboard, des glouglou ressemblant à un chant d'oiseau qui se métamorphose en séquence électronique abominable, un stress monte en nous, une percu, un cri très aigu, puis le c½ur et la respiration s'arrêtent, c'est la fin.
La basse entâmes une nouvelle séquence, des bruitages apocalyptiques viennent sceller cette atmosphère lourde, lente et à laquelle on ne peut échapper.
Comme si l'on voulait sortir d'un cauchemar si doux que l'esprit persiste à continuer pour connaître la suite de l'histoire. Et l'on n'est pas déçu, Patton entonne un chant grave, des bruits bizarres viennent l'accompagner, un bip, toujours présent depuis le début de l'album, comme un rappel à l'ordre, un fond de ch½ur d'une voix très grave, sans interruption, des bruits de craquements, de bip, de voix, de souffle, d'écho, comme une secte que l'on épierait en tentant de ne pas se faire voir et dont on essaierait de comprendre le fondement, le bip s'accentue et s'accélère, reste juste une note grave très longue et sans interruption puis le bip s'arrête, des craquements puis tout s'enchaîne et se change en une guitare lente et Patton qui chante à deux voix, comme une femme et un homme qui s'accompagneraient sur un rythme langoureux et calme.
A vingt-cinq minute de la fin de l'album et passé une cinquantaine d'autres on se demande ce que Patton peut bien inventer d'autre, son panel de bruits, sons et atmosphère/thème, voix et autres ch½urs est tellement vaste que l'on a du mal à imager qu'il trouve encore de quoi nourrir notre oreille gourmande.
Et pourtant, une eau limpide vient entamer la suite, des bruitages de cloches ou de gongs, un grincement qui fait penser tant à des chaussures qui crissent sur un parquet qu'un oiseau l'on ne sait pas trop, chacun y entendra et verra ce qu'il souhaite entendre ou voir, je me vois dans un hall où il fait beau et humide, un oiseau en cage fixe la décoration et vient poser l'ambiance de cette grande demeure (temple ?) puis une fois encore, le rythme change, FANTOMAS entâmes une nouvelle partie avec un zoin zoin zoin zoin zoin sans fin à la guitare, très lourd, Patton fait des bruits de respiration, des sons électroniques viennent ça et là parsemer ce passage, comme un film d'horreur actuel où la guitare lourde marque les bruits de pas d'une bestiole géante qui viendrait vous bouffer la moelle osseuse (mais je m'égare...).
D'ailleurs c'est de nouveau le calme olympien qui règne sur cette cinquante cinquième minute, une sorte de métronome surmonté d'un craquement de vinyl une fois encore vient rassurer nos oreilles un peu abasourdies puis, la surprise n'est pas moindre, même si elle est un peu amère, on apprécie le style mais pas sa longueur, l'album se déroule ainsi, juste sur fond de métronome et de craquement de vinyl jusqu'à la fin 1h14mn16s ou presque, les trois dernières secondes sont un cri « one, two, three, four » suivis de deux baguettes qui s'entrechoquent et d'un diamant qui raye un vinyl. Désolée de casser l'ambiance de cet album par cette brusque fin mais tel est le cas et l'on n'y peut rien, mais cela n'enlève absolument pas la qualité du reste de cette ½uvre magnifique, loin d'être tout public mais qui mérite que l'on s'y penche pleinement.
Comme beaucoup d'½uvres de Patton, cet album est jubilatoire, il faut un temps d'adaptation bien normal car il n'est pas facile d'accès mais il mérite de s'écouter et non de s'entendre sinon les efforts développés pour sa création n'ont plus lieu d'être, c'est un album de concentration et non d'écoute banale et lointaine, on ne peut faire autre chose en écoutant DELIRIUM CORDIA sinon c'est une erreur de jugement, cette ½uvre est complète et puissante et prend sa valeur dans celle que l'on veut bien lui accorder, pas une seule pointe d'humour ne perce une seule seconde de ce disque hypnotisant.
Lors d'une interview ayant eu lieu au début du mois de juin 2004, soit quatre jours après le début de ladite tournée, Trevor Dunn répondait à quelques questions :
Vous qui avez commencé la tournée il y a quatre jours, comment a été la réaction du public ?
TD : Ah, elle a été bonne. Elle a réellement été bonne.
Parce que j'ai lu une interview de Patton en ligne qui disait que vous les gars, vous alliez créer un set dans lequel si le public était réellement à chier et n'avait vraiment pas le feeling pour ce que vous faisiez, le set allait consister en une ambiance vraiment molle pour les envoyer se faire foutre. Y a-t-il une vérité quelconque dans tout ça et si oui, a-t-elle déjà eu un effet ?
TD : Ha ha, non je veux dire que nous avons plutôt des sets prédéterminés que nous sortons et faisons chaque nuit et ils sont une sorte de combinaison de création ambiante et de créations plus anciennes tout comme des créations nouvelles qui n'ont pas encore été réalisées.
Ah, certains des nouveaux morceaux de Suspended Animation ?
TD : ouais, on en joue deux. Tu sais on décide juste de ce que va être le set et on le joue. On ne calcule réellement pas l'audience ou tout autre truc qui s'y rapporte.
Oui parce que, comme j'ai dit, j'ai toujours entendu en interviews que si le public n'était pas dans le feeling de ce que vous faisiez, vous sortiez un autre set de votre chapeau que personne ne voulait entendre, je trouvais ça plutôt drôle.
TD : on n'accord pas autant de poids à tout ça. Si le public n'aime vraiment pas on continue à faire ce qu'on a commencé.
J'ai vu la nuit dernière que vous jouiez à Stubbs, Austin. J'y suis déjà allé en tournée avec des groupes.
TD : ouais mec, c'est un coin barbecue.
Mais comment s'est senti FANTOMAS dans cet environnement de restaurant ? Est-ce que c'était juste des familles en vacances qui ne savaient pas qui vous étiez ou était-ce un environnement typiquement club ?
C'était bien plus qu'un spectacle de club et crois-le ou non, le son était très bon là-bas. Sur ce c'était rattaché au restant et je suis sûr qu'il y avait là-dedans des gens en train de manger qui n'en avaient vraiment rien à foutre de nous.
Je m'interrogeais car j'ai vu un groupe de jazz une année là-bas et j'essayais de m'imaginer en train de manger des ribs en pensant combien ce serait dingue si j'étais une famille unie normale en train d'essayer de manger en écoutant du FANTOMAS dans la pièce d'à coté.
TD : Oui on a invité les gens à venir dehors et apporter leur barbecue ah ah !
Un de mes amis a été au concert hier soir et il a dit que vous les gars aviez ouvert le show avec « THE GODFATHER THEME » et aviez joué plus des vingt premières minutes du premier album de FANTOMAS. Combien de temps durent vos sets actuels et comment les gens réagissent aux nouveaux morceaux du dernier album ?
TD : Nos sets font presque une heure et je pense que nous faisons les numéros 1-5 et 23-27 du premier album. C'est un savant mélange entre ce stuff et celui actuel et je sais, aussi loin que je puisse le dire, je ne suis réellement pas un juge en matière de public et de la manière dont il réagit. Je me concentre juste beaucoup plus sur ce que je fais que sur ce que je vois dans la foule. Mais visiblement, les réponses ont été très positives.
Pour Suspended Animation j'ai entendu parler d'un double album.
Non, nous avons enregistré celui-ci concomitamment à un autre disque à venir plus tard, alors peut-être est-cela que tu as eu l'info. Nous avons juste enregistré deux album avec deux dates de réalisations différentes.
Il semblerait qu'un jour un FANTOMAS a été l'invention de Mike et qu'il aurait écrit le disque entier, l'aurait apporté aux autres membres du groupe pour l'enregistrement et le remplissage. Est-ce la manière la plus courante de procéder dans le travail ou est-ce que chacun a son mot à dire à part égale ?
TD : Il avait une idée très claire de la direction de la musique et il allait nous donner des versions de démos et nous allions travailler dessus, mais c'est définitivement sa vision.
Le nouvel album a déjà hors de portée par rapport au Director's cut, ce qui semble vouloir dire que le Director's cut est plus facile à digérer que le nouvel album, alors, les ventes vont-elles le rattraper ou en sont-elles encore loin ?
TD : en fait je suis surpris que personne n'ait décidé de revoir cet album totalement. En fait, je pensait que tout le monde allait le haïr.
D'autres plans pour un autre disque live comme le FANTOMAS/MELVINS ?
TD : Non, pas de plan réel. Ce groupe ne joue pas franchement souvent alors je doute qu'il y ait des plans pour ça dans le futur, vraiment.
Et quoi de neuf concernant le side project du convulsivant TRIO ? Vous les gars avez des plans pour un prochain nouvel album ?
TD : ouais, en fait je viens juste de finir un nouvel enregistrement qui va arriver sur IPECAC.
Quelle direction va-t-il prendre ?
TD : Le même genre de direction que les autres mais un pas plus loin, aussi loin que je puisse le dire, c'est un line up différent, mais qui va être grand et nous allons faire une tournée avec les Melvins.
SUSPENDED ANIMATION
(Sorti le 5 avril 2005)
SUSPENDED ANIMATION, la première semaine de sa sortie, a été classé en seconde place des meilleures ventes de disques sur FNAC.COM dans la catégorie hard-metal !
J'admets avoir pris un retard certain ces derniers temps dans la mise à jour du blog, à vrai dire je suis en apnée jusqu'au concert du 19 juin prochain... mais ça vient ça vient, doucement mais sûrement ;-)